La rue des Réservoirs, à Versailles
commence au château et se termine au boulevard du roi. Son nom lui vient des trois grands réservoirs qui occupaient une partie de la place de l’aile du nord du château qui n’existait pas encore. Le nom lui est resté. Longueur : 481 m – largeur : 32 à 38 m. Côté gauche 1 -5. - Dépendances du château datant de Louis Philippe 7. - (ancien 12 puis 9) Hôtel Binet (1717-1751) de Pompadour (1752-1764) puis siège du gouvernement (1765-1789), devenu l’hôtel des Réservoirs.
Le terrain du futur Hôtel de Madame de Pompadour était occupé par une machine hydraulique, appelée « la Pompe », qui remontait l’eau des étangs de Clagny vers le réservoir présent sur le toit de la grotte de Thétis. En 1686, elle disparaît en même temps que cette fameuse grotte. Non loin de cette machine, un petit bâtiment abritait les chaises à roues de la Cour surnommées « roulettes ». En 1726, Louis XV en accorde une partie à Georges-René Binet 1, premier valet de chambre du Dauphin et père de Gérard Binet qui sera premier valet de chambre du roi. Georges-René élève quelques bâtiments, mais meurt avant de pouvoir en profiter. Ses enfants rétrocèdent le terrain au Roi en 1751 en échange d’une charge lucrative dans la Maison du Roi. Louis XV offre ce domaine à Mme de Pompadour. La marquise de Pompadour décide de ne pas conserver l’ancienne bâtisse et commande à son architecte, Jean Cailleteau, dit L’Assurance2 une résidence. Il conçoit un petit hôtel composé d’un rez-de-chaussée, un étage et un comble mansardé, respectant les normes imposées par Louis XIV. Les photographies ci-jointes de l’hôtel des Réservoirs le montre tel qu’il était avant l’agrandissement du début du XXe siècle. Les appartements de la marquise se situent côté droit, tandis que les officiers logent à gauche. Les domestiques occupent les combles de l’écurie et des remises. Excellente cavalière, la marquise fait aménager un manège, qui se transforme en écurie. A sa mort, en 1764, son frère, le marquis de Marigny 3 hérite de l’Hôtel, qu’il revend un an après au roi pour la somme de 120.000 livres. Le roi en fait l’hôtel du gouvernement. Les 2 gouverneurs de Versailles de cette époque à la Révolution sont le maréchal duc de Mouchy4 de 1740 à 1778 et son fils le prince de Poix dit le "petit pois" 5, De 1778 à la Révolution.
A la Révolution, le lieu abrite temporairement l’administration du District. Puis, il est vendu comme Bien National, le 9 avril 1794. Il est acheté par un marchand de textile Jean-Claude Calanne. Toutefois, il ne l’occupe pas, mais le loue à un aubergiste-traiteur, Raimbault. C’est véritablement son successeur, Eugène Grosseuvre, qui donne au bâtiment un nouveau lustre. Il en devient propriétaire en 1875, et le rattache à l’ancien Garde-meuble mitoyen. L’ensemble devient l’Hôtel des Réservoirs. Le complexe hôtelier s’impose rapidement comme une référence mondialement connue. Hommes de Cour, de lettres, d’arts et de politique y séjournent. La bonne société versaillaise y côtoie par exemple le duc de Nemours (fils de Louis-Philippe), le prince de Galles (futur Edouard VII), Proust et Zola. Le bâtiment est malheureusement surélevé de deux étages aux débuts du siècle et perd un peu de son cachet. Les seuls souvenirs de la marquise, conservés aujourd’hui, se réduisent à quelques é Sources : Le patrimoine des communes des Yvelines aux éditions Flohic ; ; Versailles, le château, la ville, ses monuments d’Odile Caffin-Carcy et Jacques Villard.
9-11. (ancien 13-14 puis 11-11bis) Ancien Garde Meuble devenu annexe de l’hôtel des Réservoirs.
13. (ancien 15) Théâtre Montansier 1777 : Inauguration avec faste par Marguerite Brunet, dite « la Montansier »6, en présence de Louis XVI et Marie-Antoinette, du « Grand Théâtre ». Le public découvre avec étonnement une salle bleue et blanche, rehaussée d’or, mais qui doit fermer ses portes dans les années qui suivent, précocement dégradée et vétuste.
1834 : La ville de Versailles, nouveau propriétaire des murs, lance la première d’une longue série de campagnes de grands travaux. Voir plan de l’architecte L F Petit, de 1827. A cette occasion le théâtre d’origine a-t-il été élevé ou bien la façade actuelle est-elle celle de 1777 ???? 1850 : Séchan réalise la peinture de l’actuelle coupole, « une treille avec fleurs » ; Cruchet sculpte les moulures, guirlandes, pilastres et frises ornant l’avant-scène et les balcons. Il signe également les fameuses cariatides. L’identité du théâtre est dès lors posée. À ce détail près : pour sacrifier à la mode, la salle est entretemps devenue rouge ! 1937 : Les rideaux, les garnitures des sièges et les tentures des murs de fond renouent avec leur couleur d’origine et le théâtre municipal prend le nom de sa fondatrice. 1992 : La structure d’origine, en bois et plâtre, s’enfonce dans un sol marécageux où les pieds des poteaux pourrissent. Face au risque réel d’effondrement, la salle est rebâtie en béton armé. Les décors des balcons sont rafraîchis ; une salle de répétition est construite dans les nouveaux combles.
15. (ancien 16).
17. (ancien 17) Immeuble construit pour Jean René Christophe Roth, contrôleur du Gobelet du roi, fait construire à partir de 1778 date de son acquisition par lui et sa belle-mère Charlotte François Fournier, veuve de Louis Antoine Regnault. En 1802, Roth devient seul propriétaire ; ses héritiers Joseph Roth, ministre plénipotentiaire et sa sœur veuve du baron Aclocque de Saint-André7, gardent longtemps la maison indivise. En 1842 ils la vendent à Pierre Demouceaux, riche entrepreneur de peinture et vitrerie pour la somme de 100.000 francs. La fille de ce dernier, épouse Edouard Haussmann (voir n°24). Ce ménage, à partir de 1860, y vient loger. Leur fils, Georges Haussmann (1847-1902)8, avocat et député de Seine-et-Oise, y habita. 19. (ancien 18)
21. (ancien 19) Les héritiers Soufflot vendent le terrain en 1781 en même temps que celui du n°1, rue de la Paroisse, à Jacques François Louvel.
23. (ancien 20)
25. (ancien 21)
27. (ancien 22 puis 25). Le peintre Henri Le Sidaner y habite de 1922 ou 23 à sa mort en 1939. http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri-Eug%C3%A8ne_Le_Sidaner
Côté droitDe ce côté la numérotation a plus d’une fois variée. En 1813, comme partout, puis, mais pour partie seulement, au début du XXe siècle, ce qui explique pourquoi l’on passe aujourd’hui sans transition du n°16 au n°22, en 1935 enfin, quand la partie haute devient place Gambetta. 2, 4.
6. (ancien 37, 4, 10) Successivement Hôtel d’Albret (1670-1677), de Richelieu (1677-1698) enfin Hôtel d’Ecquevilly (1698-an XIII). Acquis en 1698 par André Hennequin d’Ecquevilly, capitaine des chasses de Saint-Germain. Reste dans sa famille jusqu’à la Révolution (voir la généalogie de cette famille : http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Hennequin.pdf ) Séquestré en partie comme bien d’émigré. Vendu en 1805 à M de Capendu de Boursonne. Adjugé en 1813 à Nicolas Noël Boutet, directeur de la manufacture d’armes, doit s’en défaire en 1820. Acheté par Alexandre Henri Lefuel, entrepreneur des Bâtiments. A sa mort indivis entre sa femme et ses enfants dont l’architecte Hector Lefuel (1810-1880)9 architecte du Louvre, membre de l’Institut. Après décès de leur mère (1865), les enfants le font adjuger à Jean Pierre Pescatore10, propriétaire du château de La Celle-Saint-Cloud. Son fils adoptif, Adolphe Albert Weber, le vend en 1876 à Pierre Ulysse Gaston Gaillard, dit Gaillard de Witt (1822-1899)11, trésorier-payeur général de Seine-et-Oise de 1876 à 1886 et à sa femme Elisabeth Henriette de Witt.
8. (ancien 36 puis 6, 12) Successivement hôtel du Lude (1669-1726), de Roquelaure (1726-1738) de Rohan-Chabot (1739-1780), de Serent (1780-an II) reconstruit par cette dernière famille en 1787.
10. (ancien 35, 8, 14) Hôtel d’Escoubleaux (1670-1685), de Bourbon-Condé (1685-an II).
12-14. (ancien ) Hôtel de Bouillon (1669-1794) Jusqu’au milieu du XIXe siècle le terrain sur le rue Carnot de les rue des Réservoirs à la rue du Peintre-lebrun dépend de l’ancien hôtel de Bouillon, devenu manutention militaire. Louis Michel Achille Touchard, entrepreneur des charpentes acquiert ce terrain en 1856-58 et revend en 1863 la partie comprenant les actuels immeubles 12 et 14 de la rue des Réservoirs à l’agent de change François Lefebvre qui y fait construire trois maisons contigües. Sa succession les vend en 1900 à Louis Désiré Aimé Allaire, agent de change honoraire.
16. (ancien 31-32 puis 12 et 10 bis puis 16 et 18) Hôtel de Créquy (1669-1675) de La Trémoille (1687-1792)
18, 20.
22. (ancien 29-30 puis 14) Hôtel d’Orléans-Longueville (1669-1673), de Condé (1673-an II) La Bruyère y meurt.
24. (ancien 28) Immeuble du XXe siècle remplaçant un jardin et des dépendances du n° 13 (actuel 25) de la rue du Peinte-Lebrun où s’ouvrait la porter cochère. Honoré Alexandre Haquin, général de division, acquéreur en 1797 de cette partie des anciennes écuries de Monsieur, vendit en 1810 l’immeuble à François Antoine Rabourdin ; ses enfants le cédèrent en 1812 à Pascal Tardif dit Delorme, entrepreneur des Ponts-et-Chaussées. En 1834, il est acheté par Hugues Lherbette, directeur des Contributions indirectes de Seine_et_Oise. En 1864, dans la liquidation de la succession, il est abandonné à son petit-fils Clément Paul Buchère. Le tuteur de ce dernier, alors interdit de l’administration de ses biens, le fit adjuger en 1886 à Edouard Haussmann 12, cousin du fameux baron Haussmann et neveu de Louis Haussmann 1781-1837, l’un des grands maires de Versailles, de 1831 à 1837.
26. (ancien 27 puis 16) Ancien hôtel de Soissons (1669-1699), puis de Gondrin (1699-1709), acheté 60 000 livres au marquis d’Antin 13 le 26 mai 1709 par Louis XIV qui le donne à Monsieur (1709-1792). Il devient, sous Louis XVI, Ecuries du comte de Provence occupait notamment les n° 24 à 30 de la rue (le n°30 est maintenant le n°6, rue de la Paroisse. Il est acquis en 1795 par quatre spéculateurs qui le partagent. La partie nord revient à Jean François Forget, architecte, qui vend le n°26 en 1797 à Henri Alexandre Legrand, corroyeur ; qui fait construire une petite maison. Sa veuve en 1815 la fait adjuger à l’entrepreneur Jean Julien Guédon, déjà propriétaire du n°28, et qui allait acheter l’hôtel de la Trémoille. En 1823, Guédon la cède à Jean Louis Larcher, libraire. En 1853, elle est achetée par la veuve d’Alphonse Delacquis, maître de musique et de piano. En 1881, la maison est adjugée, au décès de Frédéric Huepke, dit Casimir Urbanowski, à Louis Henri Jules Leune, demeurant à Auxerre. Victor Lambinet, dans ses Mémoires si mal publiés sous le titre de « Balzac mis à nu », ne nous fait pas grâce, avec la plus totale invraisemblance, des conversations qu’aurait eu l’écrivain avec Mme Larcher, quand ses parents habitaient rue Maurepas.
28. (ancien 26 depuis 18) En 1797 Jean François Forget vend cette portion de terrain à Jean Fleury Mauger, boucher. En 1802, Jean Julien Guédon se la fait adjuger et construit la maison. En 1834, il la vend à Marie Jeanne Lefèvre, veuve d’Antoine Flamion, huissier. En 1840, son petit-fils Marie Adrien Nérée Tellier, notaire à Rueil, à Pierre Léon Duchesne. Parmi les habitants de cette maison il faut évoquer Paul Pfister (1908-1985)14, professeur d’allemand au lycée Hoche, germaniste distingué, poète et grand collectionneur de gravures et ex-libris.
32. (ancien 22)
34. (ancien 24)
36 et 38 (ancien 23 puis 22)
Synthèse rue des Réservoirs
Robert Desvuguière Notes: 1 Georges Jean Cailleteau dit L’Assurance (1695-1755) fils de Pierre dit L’Assurance architecte du roi (1655-1724), achève ses études d’architecture à Rome (1712-1718) avant la création des concours. Membre de l’Académie de peinture et sculpture dès 1723, contrôleur du château de Marly 1724, succède à Robert de Cotte (ou Jules Robert de Cotte ?) comme architecte ordinaire du roi en 1749. 2 René Binet, seigneur de Sainte-Preuve et baron de Marchais (1688-
3 Abel François Poisson, marquis de Vandières, de Marigny puis de Ménars dit le marquis de Marigny (1727-1781) bailli et capitaine de la capitainerie des chasses de la varenne des Tuileries jusqu’à sa démission en faveur du prince de Soubise en 1749, directeur général des bâtiments du roi en survivance 1746 puis en exercice 1751-1773 ; lieutenant de roi pour l’Orléanais en 1764 ; gouverneur du château de Blois 1766, gouverneur du palais du Luxembourg 1769, conseiller d’Etat en 1772.751), dit Binet de Marchais et cousin par son fils Gérard Binet de Marchais de Mme de Pompadour, mestre de camp de cavalerie ; gouverneur de l’île de Cordouan, garçon de la Chambre du roi en survivance en 1692, premier valet de chambre du Dauphin en 1735, contrôleur de la Maison de la Dauphine 1744 avec son fils Louis René Binet de Boisgiroult en survivance en 1751 ; gentilhomme ordinaire de la Chambre du roi à la mort de François Julien en 1754. (AN 01 36 f° 93 ; 90 f° 63 ; 196 f° 9 ; 3744 dossier 1. Voir aussi Mémoires de Luynes et Mercure de France.
4 Philippe de Noailles, maréchal de Mouchy (Paris 07.12.1715 – Paris Guillotiné 27.07.1794) marquis de Mouchy puis comte de Noailles puis duc de Mouchy, mousquetaire, capitaine au rgt de Montrevel, participe aux campagnes de Bavière 1742 et de Bohême 1743. Brigadier, maréchal de camp, il accompagne son père en Espagne 1746 et à cette occasion reçoit le diplôme de Grand d’Espagne. Après le siège de Maëstricht en 1748 il est promu lieutenant général et combat en Allemagne durant la guerre de 7 ans. Son père avait obtenu la place de gouverneur de Versailles pour lui à la mort de Blouin en 1729, mais ce n’est qu’en décembre 1740 que Mouchy reçoit la charge. Charge que le maréchal de Mouchy gardera jusqu'en 1778.
5 Philippe Marc Antoine de Noailles, prince de Poix (1752-18
6 Marguerite Brunet dite Mlle Montansier ou La Montansier (Bayonne 19.12.1730-Paris 13.07.1820) Elle s’enfuie à quatorze ans de la maison des Ursulines de Bordeaux où elle était en pension pour s'engager dans une troupe de comédiens, elle s'embarque pour l'Amérique pour les beaux yeux d'un jeune comédien avant de devenir la maîtresse de Burson, Intendant de la Martinique, et de s'établir marchande de mode à Saint-Domingue. De retour à Paris, elle s'installe chez une tante par alliance, Mme Montansier, marchande de mode à laquelle elle emprunte son nom. Elle ouvre un salon de jeux rue Saint-Honoré, fréquenté par la jeunesse dorée ce qui lui permet de faire son entrée dans la haute société. Ayant obtenu grâce à sa liaison avec le marquis de Saint-Contest la direction d'un petit théâtre rue Satory à Versailles, elle attire l'attention de la reine Maire-Antoinette et décroche en 1775 le privilège des bals et spectacles de Versailles, suivi en 1779 de celui des théâtres de Fontainebleau, Saint-Cloud, Marly, Compiègne, Rouen, Caen, Orléans, Nantes et Le Havre. Forte de ces appuis, elle fait construire à Versailles son premier théâtre - dit "de la rue des Réservoirs" et bientôt rebaptisé "Théâtre Montansier" - qu'elle inaugure le 18 novembre 1777 en présence de Louis XVI et de la reine. Elle profite de la Révolution pour s'installer à Paris en 1790 en compagnie de son amant, le comédien Honoré Bourdon dit "de Neuville", et prendre possession du Théâtre des Beaujolais, sous les arcades du Palais-Royal. Après de gros travaux de restauration, l'inauguration a lieu le 12 avril 1790 avec Les Époux mécontents, opéra en quatre actes de Dubuisson et Storace. Successivement rebaptisé "Théâtre Montansier", "Théâtre du Péristyle du Jardin-Égalité", "Théâtre de la Montagne", "Variétés-Montansier" et enfin tout simplement "Variétés", elle le dirigera jusqu'en 1806. Toujours détentrice des privilèges de la Cour désormais installée aux Tuileries, elle fait représenter avec succès des opéras italiens en version française, s'attirant les jalousies des protecteurs de l'Académie Royale de Musique, exilée à la Porte Saint-Martin. Suivant les armées de Dumouriez dans les Pays-Bas autrichiens avec 85 artistes et employés de son théâtre, elle assiste à la bataille de Jemmapes puis prend la direction de la troupe du Théâtre de la Monnaie de Bruxelles en janvier 1793 et la rebaptise "Comédiens de la République française". Elle regagne Paris en mars, lors du repli des troupes françaises et de la restauration du gouvernement autrichien, et fait édifier le "Théâtre-National", rue de la Loi (act. square Louvois) qu'elle inaugure le 15 août. Emprisonnée le 25 Brumaire (15 novembre) par la Terreur sous prétexte d'avoir reçu des fonds des Anglais et de la Reine ou d'avoir voulu mettre le feu à la Bibliothèque Nationale voisine, la troupe de chanteurs-comédiens qu'elle a créée se fond dans celle du "Théâtre-Français" du Faubourg Saint-Germain et la salle passe sous le contrôle de l'Opéra (elle sera détruite en 1820 en représailles à l'assassinat du duc de Berry). Déclarée innocente, elle est libérée dix mois plus tard et obtient de haute lutte de larges compensations financières. Elle épouse de Neuville le 5 septembre 1799 (à presque 70 ans !) puis crée en 1801 au Théâtre Olympique, rue de la Victoire, une nouvelle troupe de chanteurs italiens appelée "Opéra-Buffa" et rapidement surnommée "Italiens". Le changement de régime est cependant loin de lui être favorable : transférée salle Favart en 1802, la troupe est placée sous la direction de Louis-Benoît Picard en 1804. L'année 1803 est encore plus douloureuse : alors que Marguerite est emprisonnée quelques semaines pour dettes, de Neuville meurt. Obligée par décret de quitter le Palais-Royal en 1806 (les Comédiens-Français voisins trouvant qu'elle leur porte ombrage) mais toujours infatigable, elle arrache à Napoléon l'autorisation d'édifier un nouveau théâtre boulevard Montmartre et ce, malgré un décret limitant désormais le nombre de salles parisiennes à 8. Elle y transfère ses Variétés et le 24 juin 1807, le Tout-Paris assiste à la première représentation du Panorama de Momus, vaudeville de Marc-Antoine Désaugiers. Les succès s'enchaînant - ainsi que les cabales. Elle délègue la direction au comédien Mira Brunet et s'éteint paisiblement le 13 juillet 1820 à 90 ans. Une comédie en quatre actes et un prologue de de Flers et Caillavet, créée en 1904 à la Gaîté par Réjane, lui rend hommage : La Montansier.
7 André Gabriel Aclocque de Saint-André (1779- ??) fils du fameux légionnaire des gardes nationaux qui couvrit de son corps le roi lors de la journée des Tuileries. Lui-même Ct de la garde nationale sous l’Empire, se rallie aux Bourbon en 1814, Louis XVIII l’anoblit. 8 Jean Victor Georges Haussmann (1847-1902) ancien élève, comme son père, du lycée de Versailles où il a Déroulède comme condisciple
9 Hector Lefuel (1810-1880). Une comédie en quatre actes et un prologue de de Flers et Caillavet, créée en 1904 à la Gaîté par Réjane, lui rend hommage : La Montansier. 10 Jean Pierre Pescatore self made man luxembourgeois, grand collectionneur fondateur du musée qui port son nom à Luxembourg.
11 Pierre Ulysse Gaston Gaillard dit Gaillard de Witt (28-5-1822 Saint-André-de-Valborgne (30) – 21.06.1899 Paris VIIIe) Fils de Pierre Gaillard, contrôleur des contributions directes et de Marie Joséphine Hilaire. Marié en 1854 à Elisabeth Henriette de Witt, fille de William Cornelis de Witt et de Suzanne Cornelis Temminck, dont : Paul Gaillard de Witt ; Elisabeth Gaillard de Witt mariée à René Boudon, président de la Banque Nationale de Crédit (1922) ; N Gaillard de Witt mariée à son cousin germain Robert Guillaume de Witt, petit fils du ministre Guizot. Famille Réformée.
12 Georges Edouard Haussmann (1818-1890), cousin du baron Haussmann, docteur en droit, avocat, son cabinet est 16 rue Hoche puis devient procureur impérial à Châlons-sur-Marne, Auxerre, Sens avant de revenir à Versailles en 1860 avec la même fonction puis devient substitut au <Tribunal de la Seine puis enfin juge à ce même tribunal. En 1862 il subit une disgrâce due à une négligence du procureur général Chaix d’Est Ange. Marié, le 14 juin 1845, à Aline Geneviève Demouceaux, fille d’un riche entrepreneur de peinture en bâtiments qui possédaient depuis 1842 le 17 de la rue des Réservoirs qu’il avait acquis pour la somme de 100.000 francs. Voir plus haut n° 17. Il habite chez ses beaux-parents et achète seulement en 1886, 4 ans avant sa mort, l’immeuble du n°24.
13 Probablement Louis Henri de Gondrin de Pardaillan marquis de Montespan et d’Antin (+ 1702) mari de la Montespan, à moins que ce ne soit son fils Louis Antoine marquis puis duc d’Antin surintendant des bâtiments de France (vers 1665-1736)…
14 Paul Pfister (Sainte-Marie-aux-Mines 19.08.1908- Versailles 24.03.1985) professeur d’allemand aux lycées de Lunéville, Sainte-Marie-aux-Mines, au lycée Hoche et à l’Ecole nationale d’horticulture de Versailles. Erudit, poète, collectionneur, membre de l’Académie de Versailles (1971), chevalier de la Légion d’honneur, commandeur des Palmes académiques.
Références: Sources : AN O1 1761 f° 382, 185010 n°1, 1864 4 (hôtel de Condé, de la Trémoille). -. AM Versailles, 1 Fi (cartes postales) 747 (rue des réservoirs vers 1900) ; 2 Fi (cartes et plans) 112-113 , 130, 188-189, 205_206, 211-212, 224-225, 246-247, 253-254, 258. 3Fi ; 7 Fi (cartes, plans et dessins d’architecture) 385 à 408 (théâtre Montansier), 885 (plan général de Versailles ND). – Léon DAUDET, Autour de soixante lettres de Marcel Proust, Les cahiers Marcel Proust, n°5, Paris, Gallimard, 1952. – Comte DUFORT de CHEVERNY, Mémoires, Paris, Plon, 1909, 2 volumes, 518 et 394 pages. - André de FOUQUIERES, Cinquante ans de panache, Paris, Pierre Horay, 505 pages. – René PETER, Une saison avec Marcel Proust, souvenirs, Paris, NRF, Gallimard, 2005, 174 pages. – Jeanne Maurice POUQUET, Le salon de Madame Arman de Caillavet, Paris, Hachette, 1926, 271 p. – Marcel PROUST, Le côté de Guermantes, dédié à Léon Daudet, 2 volumes, Paris, Gallimard, 1954. – Vue du Château de Versailles prise de la rue des Réservoirs, Lithographie de COUPART d’après Nicolas CHAPUY (1790-1858) in André ROSSEL & Jean VIDAL, Découverte de Versailles, collection Hier et Demain 1974. Bibliographie : Odile CAFFIN-CARCY, De l’hôtel de Pompadour à l’hôtel des Réservoirs, Revue de l’Histoire de Versailles, 1999, pp. 35-56. – Jehan DESPERT, Paul Pfister (1908-1985), Revue de l’Histoire de Versailles et des Yvelines, 70, 1986, pp. 97-100. - Linda EISCHEN, La collection de tableaux de Jean-Pierre Pescatore 1793-1855, Éditions Schortgen, Esch-sur-Alzette, 2004, 272 p. – Paul FROMAGEOT, Les propriétaires versaillais au temps de Louis XIV, Revue de l’Histoire de Versailles et de Seine-et-Oise, année 1900, pp. 18-38. – Du même, Les propriétaires versaillais au temps de Louis XV, Revue de l’Histoire de Versailles et de Seine-et-Oise, année 1900, pp. 94-123. - Emile HOUTH, Versailles aux trois visages…. – Jean LAGNY, Versailles ses rues, le quartier Notre-Dame, Versailles, éditions d’Art Lys, 1992, 192 pages. – Agnès JOLY, Le maréchal de Mouchy, gouverneur de Versailles, et ses dernières années, Revue de l’histoire de Versailles, 66, 1982, pp. 55-74. - Jean LAGNY, Les Haussmann à Versailles, Revue de l’Histoire de Versailles et des Yvelines, n° 66, 1982, pp. 75-103. – J.-A. LE ROI, Histoire des rues de Versailles et de ses places et avenues depuis l’origine de cette ville jusqu’à nos jours, 2e édition, Versailles, 1861, 637 pages. – Edmond LERY, L’hôtel de la marquise de Pompadour, rue des Réservoirs à Versailles, Revue de l’Histoire de Versailles et de Seine-et-Oise, 1939, pp. 46-53. – William R. NEWTON, La petite cour, services et serviteurs à la Cour de Versailles au XVIIIe siècle, Paris, Fayard, 2006, 662 pages. – Général de PIEPAPE, Histoire des princes de Condé au XVIIIe siècle. – Du Même, Les Trois premiers Condé descendants du Grand Condé. – Pierre-François PINAUD, Dictionnaire biographique des 500 fonctionnaires banquiers : les Receveurs Généraux des Finances 1795-1865, Paris, Editions du Trésor, 2005, p. 210 (notice Gaillard). – André ROSSEL & Jean VIDAL, Découverte de Versailles, collection Hier et Demain 1974. –
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