Versailles
| Qui a tué la bête du Gévaudan ? |
Le tueuer est yvelinois
Qui ne connait « la Bête » ? La Bête du Gévaudan bien sûr, qui alarma toute la France durant trois ans de 1764 à 1767, et dont le souvenir hante encore notre imagination ? L’affaire n’est pas si simple et fait encore couler beaucoup d’encre.
La première attaque de la Bête répertoriée est de mai 1764. Dès octobre de la même année le roi alerté ordonne à ses dragons de faire une vaste battue. Mais « la Bête » continue ses ravages : en 1765, 140 attaques actées, sans doute beaucoup plus en fait! Dès novembre 1764 la Gazette de France, le Courrier d’Avignon évoquent la bête, l‘année suivante ce n’est pas seulement en France que le sujet s’empare de l’opinion mais dans toute l’Europe! A Londres les quolibets commencent à pleuvoir, il est vrai qu’il y pleut souvent : une armée française de 150.000 hommes aurait été mise en déroute par la bête du Gévaudan ! Louis XV décide alors d’envoyer son porte-arquebuse à la rescousse. Ce porte-arquebuse se nomme François Antoine, sieur de Beauterne 1695-1771. La charge de porte-arquebuse du roi est héréditaire dans sa famille depuis près d’un siècle. Grand chasseur de son temps il s'est illustré par ses chasses merveilleuses en France, Allemagne, Piémont et a sauvé plusieurs fois la vie de Louis XV menacé par les fauves qu'ils poursuivaient ensemble. Mais en 1765 il a 70 ans !Qu‘importe! Il part avec son plus jeune fils Robert François Antoine de Beauterne et après plusieurs mois infructueux il tue un énorme loup : "Je lui ai tiré un coup de ma canardière chargée de cinq coups de poudre et de trente-cinq postes à loup et d'une balle de calibre, dont l'effort du coup, m'a fait reculer de deux pas; mais ledit loup est tombé aussitôt, ayant reçu la balle dans l'œil droit et toutes lesdites postes dans le côté droit tout près de l'épaule, et comme je criois Halaly, il s'est relevé et est revenu sur moi en tournant et sans me donner le temps de recharger madite arme. J'ai appelé à mon secours le sieur Rinchard, placé près de moi, qui le trouva arrêté à dix pas de moi et lui a tiré dans le derrière un coup de sa carabine, qui l'a fait refaire environ 25 pas dans la plaine, où il est tombé raide mort". (Procès-verbal fait aux Chazes AD Puy-de-Dôme, C 1736). François Antoine aurait bien voulu tuer d'autres loups réputés aussi forts mais n'y parvint pas et, après son départ, le Gévaudan pleura encore d'autres victimes. Le vieux chasseur fut cependant acclamé par la Cour comme le vainqueur de la "Bête". Pour les amateur de généalogie, la base Pierfit donne des indications intéressantes sur la famille Antoine. Robert Desvauguières © Les Yvelinois Bibliographie : Y. Bezard, Les Porte-Arquebuse du Roi, in Revue de l’Histoire de Versailles et de Seine-et-Oise, avril-juin 1924. – François Fabre, La bête de Gévaudan, édition revue et corrigée, éd. De Borée, 2006. - G. Lenotre, Histoires étranges qui sont arrivées, Paris, 1933. – Abbé Pourcher, La bête du Gévaudan, édition revue et corrigée, éd. Jeanne Laffitte, 1889- 2006. - |
| Mise à jour le Mercredi, 23 Juin 2010 16:53 |



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