Deux amiraux versaillais (le père) Victor Touchard 1810-1879 vice-amiral, député et grand-croix de la Légion d’honneur.
Les frontières des Yvelines ne sont pas les côtes de l’Atlantique, pourtant le département a donné une bonne quinzaine d’officiers généraux de la marine des plus distingués. Parmi eux voici un mot sur les amiraux Touchard, père et fils.
I. Philippe Victor Touchard (1810-1879). Si vous passez rue de la paroisse (à Versailles), devant le n° 49, vous aurez une pensée pour l’amiral Victor Touchard qui y est né, heure de midi, le 21 juillet 1810. Son père était maître charpentier. Il entre à 16 ans au collège royal de la marine d’Angoulême et en sort Aspirant de 2e classe en 1827. En 1830, il prend part à l’expédition d’Alger sur l’Actéon qui joue un rôle prépondérant lors du débarquement de Sidi-Ferruch. Enseigne de vaisseau en 1832, il fait le tour du monde sur la corvette Bonite. Pendant cette longue campagne il est chargé des observations astronomiques et géographiques à la satisfaction de ses chefs.
Lieutenant de vaisseau en 1839, il est nommé auprès du prince de Joinville, officier de marine des plus distingués, troisième fils du roi Louis-Philippe, et restera plusieurs années tout à la fois son aide de camp, son officier d’ordonnance et son chef d’Etat-major ! En 1840, le prince de Joinville, nommé à la tête d’une division, est chargé du retour des cendres de Napoléon de Sainte-Hélène en France. Il passe par la côte du Brésil et, lors d’une partie de chasse avec Touchard et quelques officiers il est capturé près de Bahia par les indigènes ! Notre futur amiral devait être vigoureux car, écrit le prince de Joinville : « Touchard que deux ou trois hommes tenaient à quelques pas de moi, se débarrassa de ses gardiens par un effort surhumain et courut me rejoindre » . Ce fut en partie grâce à cette action que le prince et ses officiers ne furent pas exterminés.
Victor Touchard se marie à Versailles en janvier 1841, avec la fille d’un juge au Tribunal de 1ère instance de cette ville. La mariée apporte une dot de 10.000 francs de revenus annuels soit 3 à 4 fois plus que la solde de son mari. 10.000 fr, c’était la solde d’un contre-amiral à terre ! En 1844, sur le Suffren , il se distingue au bombardement de Tanger et à l’attaque du fort de Mogador, ce qui lui vaut d’être promu capitaine de frégate. Capitaine de vaisseau en 1850, il commande en 1853 le Jean-Bart avec lequel il se distingue à nouveau en Crimée lors du débarquement de Sébastopol et de la prise de Kinburn. En 1857, il est nommé gouverneur de la Guadeloupe, en 1859, promu contre-amiral, en 1864, vice-amiral et président du Conseil de perfectionnement de l’Ecole navale. Arrive la guerre de 70, comme beaucoup de marins, il sert à terre et participe à la défense de Paris. Enfin, sa dernière mission, il est commandant en chef de l’escadre d’évolution de 1873 à 1875. Il quitte le service actif en septembre 1875. Sa carrière de marin est terminée, sa carrière politique commence, moins brillante, mais digne d’être signalée. En octobre 1877 il est élu député de la Seine sur une liste centre-droit orléaniste et le restera jusqu’à sa mort. Il est inhumé au Père La Chaize. Robert Desvauguières © Les Yvelinois Sources : - SHM CC7 Alpha 2380 ; - Prince de Joinville, Vieux souvenirs de Mgr le Prince de Joinville 1818-1848 , Paris, Mercure de France, collection le Temps retrouvé, 1986, 347 p. – Vice-amiral Touchard, La défense des frontières maritimes , Paris, 1877. – Bibliographie : Michèle Battesti, La Marine de Napoléon III , SHM, Vincennes, 1997, 2 vol. 1250 p. – Adolphe Robert, Edgar Bourloton, Gaston Cougny, Dictionnaire des Parlementaires , Paris, Bourleton, 1891, V, pp. 430-431. - Geneviève Salkin-Laparra, Marins et diplomates, les attachés navals 1860-1914 , Vincennes, SHM, 1990, 500 p.- Etienne Taillemite, Dictionnaire des marins français , Paris, Tallandier, 2002, 573 p. – Etienne Taillemite, L’Histoire ignorée de la marine française , Paris, Perrin, 1988, 462 p.
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