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Gamain, Serrurier de Louis XVI (Franço is, 1751-1795)

LE SERRURIER ET AMI DE LOUIS XVI

 

L’imagerie a longtemps présenté Louis XVI comme un gros homme n’aimant que la serrurerie. Il en reste encore quelque chose, malgré l’historiographie récente qui en a établi une image moins déformée : Louis XVI était avant tout un roi libéral, moderne, savant et curieux, passionné d’arts mécaniques, de géographie et de physique, promoteur de voyages de découverte du monde, d’une ouverture du pays aux sciences, à  la mer, au commerce, à l’industrie, émancipateur des protestants et des juifs.

Si vous vous promenez dans la rue des Réservoirs et plus loin le long du boulevard du roi, vous y trouverez l’emplacement de l’hôtel de la célèbre Mlle Mars et, juste à  côté, celui de la serrurerie Gamain, une des plus importantes de Versailles au XVIIIe siècle.

 

Depuis près de cent ans les Gamain, installés à Versailles comme artisans étaient devenus serruriers attitrés du roi, portant le titre flatteur « d’entrepreneur des Bâtiments du Roi ». François Gamain (1751-1795)  dirigeait avec son frère Charles-Nicolas, cette entreprise sous Louis XVI. Il était l’ainé du roi de trois ans.

 

Emule et collègue de Pierre-Ambroise Poux-Landry (1754-18  ), l’un des plus grands serruriers de l’époque, François était un excellent artisan, un savant mécanicien. C’était de plus un homme de grande confiance puisque la Surintendance des bâtiments du roi l’avait chargé de l’entretien de toutes les serrures intérieures du palais. C’est ainsi qu’il devint un familier de Louis XVI et le roi son ami et son élève. Dans les combles du 4e étage du château de Versailles plusieurs pièces étaient aménagées pour les travaux mécaniques du roi : chambre du tour (créée par Louis XV), cabinets de serrurerie.

 

Arrive la Révolution. Le roi et sa famille ont quitté Versailles et vivent aux Tuileries. Louis XVI y est quasiment séquestré. Depuis qu’on a atteint à sa liberté de conscience, en lui interdisant de faire ses pâques de la main d’un prêtre non jureur, il décide de quitter Paris pour reprendre sa liberté. Auparavant, il souhaite cacher un certain nombre de papiers d’Etat et personnels, il creuse lui-même un trou assez profond dans le mur du petit couloir qui relie sa chambre à celle du Dauphin. Il a aussi fabriqué lui-même une porte de fer munie d’une serrure adaptée à cette cache. Mais il faut poser les gonds et la gâche, travail de précision, que le roi ne peut faire seul. Il fait appeler François Gamain et aidé de celui-ci et d’un autre serviteur fidèle Durey, il scelle la cache qui deviendra pour l’histoire la célèbre « armoire de fer ». Si la suite vous intéresse, cliquez dans le site sur l’article intitulé : François Gamain et l’armoire de fer.

 

Robert Desvauguières

 © Les Yvelinois

Bibliographie : P. et P. Girault de Coursac, Enquête sur le procès du roi Louis XVI, Paris, La Table ronde, 1982. - G. Lenotre, Vieilles maisons, vieux papiers, Gamain, 2è série, Paris, Perrin, 1908, pp. 319-338. – J.A. Le Roi, Histoire des rues de Versailles, Versailles, 1868, I, pp. 56 et suiv. – J.A. Le Roi, Louis XVI et le serrurier Gamain, Mémoires de la Société des sciences morales de Versailles et de Seine-et-Oise, VIII, p. 93. -  J. Levron, Les Inconnus de Versailles, Paris, Perrin, 1968. – E. Taillemite, Louis XVI,  le navigateur immobile, Paris, Payot, 2002. - J. de Viguerie, Louis XVI, le roi bienfaisant, Paris, éd. Du Rocher, 2003.

Mise à jour le Vendredi, 02 Juillet 2010 15:45
 

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