Marly le Roi
| Joseph Pellerin,1684-1782 |
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L’un des pères de la numismatique moderne.
Fils d’un trompette des gendarmes de la garde du roi, un Marlychois célèbre : Joseph Pellerin 1684-1782.
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Image Portait de Joseph Pellerin à la fin de sa vie (Wikipédia)
Né à Marly-le-Roi, « en légitime mariage de Me Mathurin Pellerin ; trompette des gendarmes de la garde du Roy (…) et de Perreste Lainé ses pere et mere touts de ceste paroisse ». Sa maison natale se voit encore dans la grande rue de Marly. Ce fils de trompette fait de très brillantes études marquées par une aptitude exceptionnelle aux langues. Outre le latin et le grec que tout homme cultivé maîtrise alors, il apprend l’italien, l’espagnol, l’anglais, le syriaque, l’hébreu, l’arabe. Cette maîtrise des langues anciennes et modernes est à l’origine de son entrée dans les services du ministère de la marine et des affaires étrangères.
Sa carrière commence en 1706, comme commis au bureau des consulats d’Espagne. Pontchartrain, ministre de la marine, l’ayant remarqué, il devient en octobre 1711 son secrétaire particulier. En 1716 il est nommé commis principal au secrétariat du Conseil de marine puis, protégé du comte de Toulouse et de Valincour, il est promu commissaire de la marine en 1718. Grade qu’il gardera jusqu’à sa retraite. Malgré ce titre modeste, Pellerin est un personnage clé de la marine de Louis XV, puisqu’il a les fonctions de secrétaire de Maurepas (1723), de 1er commis de la marine du Levant (1728), à laquelle il ajoute celle de 1er commis de la marine du Ponant, en juillet 1738. Durant sept ans, il est par cette double fonction, l’un des hommes les plus influents de l’administration de la marine.
Il prend sa retraite en janvier 1745 et pour marque de ses services éminents, le roi lui fait octroyer une pension de 8000 livres marquant bien la différence entre le grade de commissaire et les fonctions réellement assumées. A l’occasion de son départ, il est d’ailleurs promu au grade de commissaire général. En se retirant, Joseph Pellerin, continue à assumer des missions auprès des ministres de la marine jusqu’à un âge très avancé «(…) depuis 1744 jusques en 1749 le Sieur Pellerin père, hors le temps qu'il a esté aux eaux, a travaillé presque toutes les semaines avec M le comte de Maurepas qui quelquefois luy a fait l'honneur de venir chez lui pour cela. Pendant les six années de ministère de M Rouillé, ce ministre a consulté souvent le Sr Pellerin (…) et les autres ministres qui se sont succédé luy ont aussy quelquefois fait demander son avis sur des cas importants qui se sont présentés. »
Cette demi-retraite lui permet de développer plus librement ses passions érudites. En 1752, il est co-fondateur de l’Académie de marine. Il donne la plus grande partie de son temps à la numismatique et, au fil du temps, comme le fameux comte de Caylus (1692-1765), mais à une plus grande échelle, il constitue le plus beau cabinet de médailles qu’ait possédé un particulier : environ 44.000 pièces, dont 32.500 classifiées. I l le fait graver et le publie en 10 volumes de 1762 à 1778, sous le titre : Recueils de médailles des rois, peuples et villes , Paris, 1762-78. in-4.
Cette œuvre introduit la méthode historique dans la classification des médailles et inspire le Doctrina numorum veterum du P. Joseph-Hilarius Eckhel (1737-1798), savant érudit autrichien, considérée jusqu’à nos jours comme la bible des numismates.
Son fils, puis son petit-fils, auxquels il destinait ses collections étant décédés avant lui, Joseph Pellerin, cède au savant roi Louis XVI, lui-même numismate averti, 32.500 pièces de sa collection pour 300.000 livres, en 1776. Le roi lui en laisse généreusement l’usufruit jusqu’à sa mort.
Après son décès, sa bibliothèque et le reste de ses collections, sont vendus aux enchères par ses héritiers. Le catalogue de vente confirme que ce grand érudit, savant linguiste, a une grand maîtrise des langues : un tiers de sa bibliothèque est formée d’ouvrages en langues étrangères dont 400 titres italiens.
Ainsi le fils d’un modeste trompette des gendarmes de la garde devient un des premiers administrateurs de la marine de Louis XV, un linguiste, un orientaliste, un grand collectionneur et surtout l’un des fondateurs de la numismatique moderne. Sa collection représente encore aujourd’hui la principale partie des médailles antiques de la BNF. Dans la société d’Ancien régime ce cas de promotion des talents n’était pas rare. Nos rois avaient le goût de les chercher et de les faire reconnaître.
Joseph Pellerin garda toute sa vie sa maison natale qu’il embellit mais acquit aussi trois seigneuries en Picardie, dont le château de Plainville (60) où il mourut presque centenaire en 1782 et son fils, commissaire et 1er commis de la marine, comme lui, fut anobli. Robert Desvauguières © Les Yvelinois Sources : AN Marine C7 141 (dossier personnel), G35, G 36 (Etats de la marine du roi) – Archives communales de Marly-le-Roi. - J. PELLERIN, Recueils de médailles des rois, peuples et villes , Paris, 1762-78. in-4, 10 volumes. - Catalogue des livres latins, français, italiens, espagnols, portugais, turcs, persans et arabes de la succession de M. Pellerin, dont la vente se fera le mercredi 5 mars et jours suivants, rue Saint Florentin, n°4 : elle sera suivie de celle des médailles, bustes, bronzes antiques, bijoux, etc, etc, qui commencera le mercredi 26 mars . Paris, P.T. Barrois, 1783, 91 p. in 8°. - Bibliographie : Jean BABELON, Numismatique , Paris, Gallimard, La Pléiade, 1961, pp. 329-392. – Dr HOEFER, Dictionnaire de biographie universel et D.L.F., tome I, p. 469. - MICHAUD, t. 32, p. 400-401. – Christiane C. NEAVE, Marly, rues, demeures et personnages . – Pierre NICKLER, L’Histoire de Marly-le-Roi , Marly-le-Roi, 1996, 356 p. - QUERARD, t. VII, p. 28. - EtiennACe TAILLEMITE, Dictionnaire des marins français , Paris, Tallandier, 2002. - |
| Mise à jour le Lundi, 15 Février 2010 11:35 |



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